Ce rapport analyse les risques de protection auxquels sont exposés les enfants dans l’Est de la République Démocratique du Congo, particulièrement au Nord-Kivu, dans un contexte marqué par les conflits armés, les déplacements de population et les crises humanitaires. L’étude s’inscrit dans le cadre du projet RESPECT, financé par ECHO et mis en œuvre par le consortium TEARFUND, STREET CHILD et leur partenaire Umoja in Action, dans les zones de santé de Kibirizi (Rutshuru) et Kayna (Lubero). L’objectif principal est d’identifier les menaces qui pèsent sur l’environnement protecteur des enfants, notamment les enfants associés aux forces et groupes armés (EAFGA), les enfants non accompagnés ou séparés, ainsi que ceux exposés à différentes formes de violence.
La recherche vise à comprendre les violations graves des droits de l’enfant, telles que les meurtres, les enlèvements, le recrutement dans les groupes armés, les violences sexuelles, la destruction d’écoles et les obstacles à l’accès à l’aide humanitaire. Elle examine également les conséquences psychosociales sur les enfants, les difficultés d’accès à l’éducation et aux services de santé, ainsi que les mécanismes communautaires existants pour prévenir et répondre aux violences.
Pour atteindre ces objectifs, l’étude a adopté une méthodologie participative combinant des approches quantitatives et qualitatives. Elle s’est appuyée sur une revue documentaire, des enquêtes auprès de 213 informateurs clés (dont des enfants et des adultes), des entretiens semi-structurés, des discussions de groupes (focus groups) avec garçons, filles et parents, ainsi que des observations communautaires. Les données ont été collectées à l’aide d’outils numériques comme KoboCollect et analysées pour établir un profil de risque et proposer des mesures d’atténuation.
Les résultats mettent en évidence un niveau élevé de vulnérabilité des enfants, marqué par la violence, les traumatismes psychologiques, les difficultés d’accès aux services sociaux et la persistance du phénomène des enfants associés aux groupes armés. Le rapport souligne également l’importance des mécanismes communautaires de protection et recommande de renforcer les stratégies de prévention, de soutien psychosocial et de réintégration des enfants affectés par les conflits.
L’étude insiste sur la nécessité de renforcer les systèmes de protection de l’enfance, d’améliorer la coordination entre les acteurs humanitaires et communautaires, et de développer des mesures durables pour réduire les risques et protéger les droits fondamentaux des enfants dans les zones affectées par les conflits.
Jackson Niyorugira Sebigunda, PhD (2023). Analyse des risques de protection et Le « Do no harm » pour les enfants à Risque de protection dans 10 villages de la zone de santé de Kayna et de Kibirizi, en province du Nord-Kivu). CREDS, UMOJA IN ACTION, TEAR FUND, STREET CHILD